APCSC : Freddy Yodi Shembo explique les enjeux de l’audit du programme sino-congolais
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HP Magazine
L’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC) a organisé, vendredi 6 mars à Kinshasa, une conférence de presse consacrée au lancement de l’audit technique et financier du programme de coopération sino-congolais couvrant la période 2008-2024. Cette mission inclut également la certification intégrale des ressources minérales des permis d’exploitation n° 9681 et n° 9682. Pour le Directeur général de l’APCSC, Me Freddy Yodi Shembo, cette démarche vise à établir des données fiables afin d’évaluer les résultats concrets de ce partenariat entre la République démocratique du Congo et ses partenaires chinois.
Au cours de cette rencontre avec la presse organisée à l’hôtel Hilton de Kinshasa, Freddy Yodi Shembo a rappelé que la réalisation de cet audit résulte directement des dispositions prévues dans l’avenant n°5 signé en mars 2024.
Selon lui, la mission d’audit constitue une étape normale dans l’application des engagements pris par les différentes parties.
« Pourquoi avoir demandé cet audit ? La réponse est simple : cela découle directement de l’avenant. En effet, l’avenant n°5, dans son alinéa 13, prévoit explicitement la réalisation d’un audit », a expliqué le Directeur général de l’APCSC.
L’agence, chargée du suivi de l’exécution des conventions de collaboration, assume ainsi sa responsabilité de contrôle et de coordination dans la mise en œuvre du programme.
« Nous sommes la structure de suivi. Nous avons donc la responsabilité de veiller à l’application des accords et au respect du contenu de cet avenant », a-t-il précisé.
Dans cette logique, l’APCSC a choisi de s’appuyer sur l’expertise de cabinets internationaux afin de garantir l’indépendance et la crédibilité de la mission.
« Pour assurer une transparence par rapport à nos partenaires, il est recommandé de recourir à des cabinets neutres », a indiqué Freddy Yodi Shembo.
Ces cabinets disposent d’une présence internationale et d’une expérience reconnue dans les domaines technique, financier et minier.
« Ces firmes ont des bureaux en Afrique, aux États-Unis, à Paris et même en Chine. Elles disposent donc d’une compréhension diversifiée du monde financier et du monde technique », a-t-il souligné.
Évaluer l’équilibre réel du partenariat RDC-Chine
Au-delà de l’analyse technique, l’audit doit permettre d’établir un état précis de l’exécution du programme sino-congolais depuis son lancement en 2008.
Pour l’APCSC, cette démarche est indispensable afin d’apprécier l’équilibre entre les ressources mobilisées par la RDC et les infrastructures réalisées dans le cadre de ce partenariat.
« Lorsque le Président de la République a décidé d’engager la renégociation, l’objectif principal était le rééquilibrage de ce contrat », a rappelé Freddy Yodi Shembo.
Les discussions menées dans ce cadre ont mis en évidence la nécessité de disposer de données chiffrées incontestables.
« Il a été constaté que la RDC a donné énormément. Mais en termes d’infrastructures, nous n’avons pas reçu ce qui était attendu. Puisque nous avons engagé des ressources importantes, nous devons être capables d’en mesurer les résultats », a-t-il affirmé.
L’audit et la certification des ressources minérales doivent ainsi permettre d’établir une base objective pour apprécier les résultats du programme.
« L’audit et la certification vont nous permettre d’avoir un tableau clair, des chiffres exacts et vérifiables, parce que tout sera factuel et objectivement établi », a conclu le Directeur général de l’APCSC.
À travers cette initiative, l’APCSC entend renforcer la lisibilité et la transparence autour de l’un des programmes de coopération les plus importants engagés par la République démocratique du Congo.
La certification des ressources minérales et l’évaluation technique des infrastructures devraient fournir des éléments précis sur la mise en œuvre du partenariat sino-congolais, tout en facilitant la prise de décision pour les prochaines étapes de cette coopération.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises d’améliorer la gouvernance des grands projets et de garantir une meilleure traçabilité des engagements pris dans les accords internationaux.