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ONEM: Fin du casse-tête du premier emploi ? Les annonces de Me Fanon Beya suscitent l’espoir aux jeunes

Invité à prendre la parole lors de la DRC Mining Week 2026 à Lubumbashi, le Directeur Général de l’Office National de l’Emploi (ONEM), Me Fanon Beya Ngombe, a livré une intervention remarquée sur les défis de l’insertion professionnelle des jeunes Congolais. Bien au-delà d’une présentation institutionnelle, il a dévoilé une vision fondée sur le renforcement du rôle du service public de l’emploi, la proximité avec les universités, la digitalisation des services et une réforme destinée à ouvrir davantage les portes du premier emploi aux jeunes diplômés. Retour sur les principales orientations développées au cours de son intervention.

Prenant part, le 19 juin 2026 à Lubumbashi, à un atelier de haut niveau consacré à « L’intégration de la nouvelle génération dans le secteur minier : l’emploi des jeunes », dans le cadre de la DRC Mining Week 2026, Me Fanon Beya Ngombe a choisi d’aller au-delà du diagnostic souvent posé sur le chômage des jeunes. Son intervention s’est voulue avant tout pédagogique, en expliquant le rôle de l’ONEM, les réformes déjà engagées et celles qui devraient bientôt transformer durablement l’accès au marché de l’emploi.

« Nous sommes le commissionnaire de l’emploi »

Dès les premières minutes de son intervention, le Directeur Général de l’ONEM a souhaité lever une confusion encore fréquente autour de son établissement. Pour lui, la mission de l’Office National de l’Emploi ne consiste pas à recruter à la place des entreprises, mais à garantir une rencontre équitable entre les employeurs et les demandeurs d’emploi.

« Au Congo, l’emploi repose sur un établissement public dénommé l’Office National de l’Emploi. Quelles sont les missions de l’ONEM ? C’est l’intermédiation. Nous sommes, pour parler très simplement, le commissionnaire de l’emploi. Nous avons les offres d’emploi que publient les entreprises et nous avons les demandeurs d’emploi que nous enregistrons. Notre rôle est de les rapprocher les uns des autres en fonction des formations et des profils qui sont offerts. »

À travers cette définition, Me Fanon Beya Ngombe a rappelé que l’intermédiation constitue le socle de la politique nationale de l’emploi et un mécanisme essentiel pour assurer l’égalité des chances entre tous les candidats.

Garantir un recrutement plus transparent

Poursuivant son exposé, le Directeur Général est revenu sur les bases juridiques qui encadrent désormais le recrutement en République Démocratique du Congo.

Selon lui, la Constitution, les textes régissant l’ONEM, les normes de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ainsi que l’arrêté ministériel du 19 octobre 2025 concourent à renforcer la transparence dans les procédures d’embauche.

« Il est fait une obligation aux entreprises de publier préalablement leurs offres à l’ONEM avant l’initiation de la procédure d’embauche. C’est cela la garantie de l’égalité des chances que le Gouvernement a consacrée via l’ONEM. Plus aucune entreprise n’a le droit de recruter si elle n’a pas fait viser son avis de vacance de poste à l’ONEM. »

Et de préciser aussitôt :

« Ce n’est pas pour remplacer les entreprises dans leur rôle de recrutement, mais le Gouvernement tient à garantir toutes les chances à tous les jeunes Congolais, y compris dans le secteur des mines. »

Pour Me Fanon Beya Ngombe, cette exigence traduit la volonté des pouvoirs publics d’offrir à chaque candidat les mêmes possibilités d’accéder aux offres disponibles, indépendamment de son réseau ou de son environnement social.

Faire entrer l’ONEM dans les universités

L’une des annonces les plus marquantes de son intervention concerne le rapprochement du service public de l’emploi avec les établissements d’enseignement supérieur.

Le Directeur Général a expliqué que l’ONEM a obtenu l’autorisation d’installer progressivement ses bureaux dans les universités et institutions académiques afin d’accompagner les étudiants avant leur entrée sur le marché du travail.

« L’ONEM a eu l’autorisation de la part du Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire d’implanter ses bureaux dans toutes les universités et les établissements académiques. C’est pour repousser nos limites. C’est pour se rapprocher le plus possible des futurs demandeurs d’emploi. »

Pour lui, cette réforme répond à une faiblesse longtemps observée dans le parcours des jeunes diplômés.

« Désormais, vous retrouverez l’ONEM auprès de votre décanat. On ne nous enseigne pas les techniques de recherche d’emploi en fin de cycle universitaire. Les étudiants quittent les bancs de l’université sans même savoir que, pour être reconnus comme demandeurs d’emploi selon les normes de l’OIT, il faut être enregistrés auprès du service public de l’emploi. »

Au-delà de l’enregistrement, l’Office entend désormais former les étudiants aux techniques de recherche d’emploi afin d’améliorer leurs chances d’obtenir un premier poste.

« Nous allons plus loin dans l’enseignement des techniques de recherche d’emploi pour vous donner la chance de pouvoir arracher le premier job de votre vie. »

La digitalisation pour mettre tous les candidats sur un pied d’égalité

Autre pilier de la stratégie présentée par Me Fanon Beya Ngombe : la transformation numérique des services de l’ONEM.

Le Directeur Général estime que la digitalisation constitue aujourd’hui un levier majeur pour rapprocher davantage le service public des jeunes et rendre les procédures plus transparentes.

« Nous sommes à l’ère de la digitalisation. Plus rien ne se fait sans nos téléphones, sans l’intelligence artificielle ou sans l’ordinateur. Aujourd’hui, vous avez désormais l’ONEM sur votre téléphone. »

Il a notamment présenté l’application mobile MIKUBA, déjà disponible sur Android et appelée à être déployée sur iPhone, ainsi que le portail numérique de l’Office.

Pour Me Fanon Beya Ngombe, cette évolution répond également à une préoccupation régulièrement exprimée par les demandeurs d’emploi.

« On nous a toujours reproché, à nous l’ONEM, de favoriser nos oncles ou nos neveux. Aujourd’hui, vous postez vous-même votre CV sur le site et c’est le système qui vous montre les emplois qui correspondent à votre profil. »

Une manière, selon lui, de renforcer la confiance des jeunes dans le fonctionnement du service public de l’emploi grâce à un processus davantage automatisé et fondé sur les compétences.

« Le Gouvernement a décidé de rompre avec cette logique »

Interpellé par un participant sur les difficultés rencontrées par les jeunes pour acquérir une première expérience professionnelle, le Directeur Général de l’ONEM a profité de cette séquence d’échanges pour annoncer les principales réformes actuellement en préparation.

Il a rappelé que la Table ronde nationale sur l’entrepreneuriat des jeunes et l’emploi, organisée en novembre dernier autour du Chef de l’État, avait adopté 307 résolutions, parmi lesquelles figure la réduction de l’exigence de l’expérience préalable à l’embauche.

« La grande réforme qui sera publiée dans le cadre du programme présidentiel “Debout Jeune Congolais” va inviter les sociétés privées et obliger les sociétés de l’État à recevoir une proportion de jeunes en stage. Il faut également revoir le Code du travail, qui n’est pas suffisamment formel sur l’organisation des stages en entreprise. »

Pour le Directeur Général, cette réforme répond à une réalité bien connue des jeunes diplômés.

« Aujourd’hui, lorsqu’une offre exige cinq années d’expérience, celui qui a zéro expérience est d’office disqualifié. Le Gouvernement a décidé de rompre avec cette logique et d’offrir plus de chances à tous les jeunes diplômés d’avoir leur premier stage dès la sortie de l’école. »

Selon lui, la formalisation des stages permettra non seulement aux jeunes d’acquérir une première expérience reconnue, mais également de démontrer leurs compétences au sein des entreprises et, à terme, d’accéder plus rapidement à un emploi durable.

Une intervention qui dessine les priorités de l’ONEM

Au fil de son intervention, Me Fanon Beya Ngombe a ainsi dessiné les grandes priorités qui guideront l’action de l’Office National de l’Emploi dans les prochaines années : faire de l’ONEM un véritable garant de l’égalité des chances, rapprocher ses services des universités, accélérer la digitalisation des procédures et lever les obstacles qui empêchent encore de nombreux jeunes diplômés d’accéder à leur première expérience professionnelle.

Plus qu’une présentation institutionnelle, son intervention à la DRC Mining Week 2026 aura mis en lumière une conviction : l’accès au premier emploi ne peut plus dépendre du hasard ou des relations, mais d’un système plus transparent, plus inclusif et mieux préparé à répondre aux aspirations de la jeunesse congolaise.

Par Glody Mpasa

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