
Au cours d’un briefing spécial presse coanimé mardi 28 avril 2026 à Kinshasa par Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, et André Wameso Nkualokoki, gouverneur de la Banque Centrale du Congo, les orientations de la politique monétaire ont été présentées dans un contexte de stabilisation progressive. L’institution assume un assouplissement du taux directeur, ramené à 13,5 %, afin d’accompagner la dynamique économique sans compromettre les équilibres.
Face à la presse, le Gouverneur a défendu une décision qu’il qualifie de « réfléchie et encadrée », fondée sur une analyse rigoureuse des scénarios macroéconomiques. « Nous avons analysé plusieurs hypothèses, et même dans le scénario le plus défavorable, l’inflation restait autour de 7 % », a-t-il expliqué. Avec une inflation estimée à 2,36 %, la Banque centrale considère disposer d’une marge suffisante pour agir. « Cela nous laissait une marge pour agir », a-t-il insisté, évoquant une volonté d’instaurer un climat de confiance durable.
L’ajustement du taux directeur répond également à un impératif de cohérence avec les conditions du marché. « Les émissions du Trésor en francs congolais se faisaient autour de 10 %, alors que notre taux directeur était plus élevé. D’où la nécessité d’un ajustement », a-t-il déclaré. Cette correction vise à favoriser le financement de l’économie et à orienter l’épargne vers la monnaie nationale.
Au-delà des fondamentaux, le Gouverneur a assumé la portée du signal adressé aux investisseurs. « Nous avons opté pour un assouplissement prudent afin d’envoyer un signal de confiance au marché », a-t-il affirmé. Les rendements des emprunts souverains, compris entre 8,75 % et 9,5 %, traduisent selon lui une perception améliorée de la trajectoire économique du pays.
Dans un environnement marqué par l’appréciation du franc congolais, la Banque centrale privilégie un accompagnement maîtrisé. Cette évolution se répercute progressivement sur le pouvoir d’achat. « Un ménage qui payait un loyer de 200 dollars voit aujourd’hui son équivalent en francs congolais diminuer », a illustré le Gouverneur.
Sur le plan budgétaire, malgré une perte de conversion sur les recettes en devises, l’État a enregistré un allègement de ses dépenses, dégageant un solde positif net de 217 milliards de francs congolais. « L’appréciation du franc congolais a renforcé la position budgétaire de l’État », a-t-il affirmé.
Enfin, le Gouverneur a insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée avec les autorités publiques. « Notre rôle est d’ajuster progressivement nos instruments aux réalités économiques », a-t-il conclu, résumant une approche fondée sur l’équilibre entre stabilité, croissance et confiance.





par Glody Mpasa











