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APCSC : à Mtoa, le port industriel de 480 millions USD prend corps sur le lac Tanganyika

Sur les rives du lac Tanganyika, l’APCSC accompagne la matérialisation d’un projet appelé à modifier la carte logistique de l’Est de la République Démocratique du Congo. À une trentaine de kilomètres de Kalemie, le Port industriel de Mtoa prend progressivement forme sous le suivi de l’Agence dirigée par Me Freddy Yodi Shembo. Avec 480 millions USD d’investissements annoncés, une capacité projetée autour de 2 millions de tonnes de marchandises par an et une première exportation de lithium déjà réalisée, le chantier commence à donner corps à une ambition : mieux connecter le Tanganyika aux marchés régionaux et transformer l’investissement en infrastructures, en activité et en emplois.

À Mtoa, les ambitions commencent à se lire dans le paysage.

À quelques mètres des eaux du lac Tanganyika, quais, ouvrages en béton, bâtiment administratif et espaces logistiques émergent progressivement sur une emprise annoncée de 48 hectares. À une trentaine de kilomètres de Kalemie, ce qui relevait encore récemment des études, des conventions et des engagements financiers entre désormais dans le registre du visible.

C’est précisément à cette étape que l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC) entend mesurer la portée de sa mission.

Sous la conduite de son Directeur Général, Me Freddy Yodi Shembo, l’Agence accompagne le projet depuis sa structuration jusqu’au suivi de sa matérialisation, avec une ligne directrice : faire passer les partenariats conclus avec les investisseurs du document contractuel au terrain.

480 millions USD, deux phases et une plateforme industrielle

Lancé en février 2026, le chantier du Port industriel de Mtoa repose sur un contrat de concession associant l’État congolais, représenté par le Ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, au consortium formé par Jintai Mining PTE Ltd et Tembo Majengo Company SARL, avec Golden Lake Logistics SARL dans la gestion du projet.

L’investissement global annoncé atteint 480 millions USD, dont 70 millions USD pour la première phase.

Le projet doit être développé en deux étapes pour atteindre, selon les projections communiquées, une capacité avoisinant 2 millions de tonnes de marchandises par an.

Sur le terrain, plusieurs composantes sont déjà engagées : un bâtiment administratif de trois niveaux, un entrepôt sous douane, des aires de stockage, des installations logistiques ainsi que les ouvrages nécessaires à la réception, à la manutention et à l’acheminement des marchandises.

Côté lac, les travaux portent notamment sur les bases en béton des postes de quai et les infrastructures d’amarrage.

Mtoa n’est donc pas conçu comme un simple débarcadère. L’ambition est celle d’un complexe portuaire, industriel et logistique, avec des pôles dédiés notamment aux activités minières, pétrolières et industrielles.

L’APCSC, du partenariat à l’exécution

Le projet permet surtout de mesurer le travail qui précède l’apparition des premiers ouvrages.

Études, structuration du partenariat, coordination entre les différentes parties, formalisation de la convention puis suivi de son exécution : l’APCSC intervient sur cette chaîne qui relie l’investissement annoncé à sa matérialisation.

À la tête de l’Agence, Me Freddy Yodi Shembo imprime une orientation centrée sur le passage à l’exécution.

Car pour les populations, une convention ne prend véritablement son sens que lorsqu’elle produit quelque chose de tangible : une route qui s’ouvre, un port qui fonctionne, des investissements qui arrivent, des emplois qui se créent et une économie locale qui commence à en ressentir les effets.

À Mtoa, ce passage commence à s’opérer.

En quelques mois, les terrassements ont laissé place à plusieurs ouvrages structurants. Le bâtiment administratif monte, les installations logistiques se dessinent et les infrastructures portuaires avancent sur le front lacustre.

Le chantier devient ainsi l’une des traductions concrètes de la mission assignée à l’APCSC : coordonner et suivre les conventions de collaboration jusqu’à leur exécution effective.

2 000 tonnes de lithium : Mtoa passe déjà à l’exportation

Un événement est venu donner au projet une portée supplémentaire avant même l’achèvement du complexe.

Le 22 juillet 2026, un navire a quitté Mtoa en direction de Kigoma, en Tanzanie, avec à son bord 2 000 tonnes de concentrés de lithium sous forme de spodumène.

Cette première opération d’exportation constitue un marqueur important.

Elle montre surtout ce que Mtoa pourrait représenter demain : une voie d’évacuation pour les productions minières de la région et un point de connexion entre l’intérieur de la République Démocratique du Congo, le lac Tanganyika et les réseaux logistiques d’Afrique de l’Est.

Pour le Tanganyika, longtemps confronté aux contraintes du désenclavement et aux coûts élevés du transport, l’enjeu est considérable.

Produire ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir transporter, stocker, acheminer et exporter dans des conditions compétitives.

Le lac Tanganyika comme ouverture régionale

La géographie donne ici au projet une dimension particulière.

Le lac Tanganyika borde la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, le Burundi et la Zambie. À travers Kigoma, les marchandises peuvent notamment rejoindre le réseau tanzanien et accéder à des circuits commerciaux plus larges.

Mtoa entend exploiter cette position pour renforcer les capacités de transport lacustre et rapprocher progressivement le Tanganyika des grands corridors régionaux.

L’objectif est également de faire émerger autour du port un écosystème économique.

Transport, manutention, entreposage, maintenance, sous-traitance, commerce, services et activités industrielles connexes : la montée en puissance du complexe pourrait générer, à terme, plusieurs milliers d’emplois directs, indirects et induits.

Et c’est probablement là que se jouera une grande partie de la réussite du projet : dans sa capacité à faire descendre les bénéfices de l’investissement jusqu’à l’économie locale et aux populations.

Tshisekedi : transformer la géographie en opportunité économique

Le Port industriel de Mtoa s’inscrit dans une orientation plus large portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : moderniser les infrastructures, désenclaver les bassins de production et utiliser les corridors de transport comme instruments de transformation économique.

Pour un pays de la taille de la République Démocratique du Congo, doté d’immenses ressources mais confronté à un déficit historique d’infrastructures, la bataille de la compétitivité se joue aussi sur les routes, les rails, les ports et les voies navigables.

Mtoa apporte une illustration concrète de cette équation.

Il s’agit de transformer la position de la RDC au cœur de l’Afrique en avantage logistique, mais aussi de créer les infrastructures capables de relier plus efficacement les zones de production aux marchés.

Cette orientation est mise en œuvre sous la coordination de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, autorité de tutelle de l’APCSC, dans un contexte où le Gouvernement entend mobiliser davantage les partenariats publics-privés pour répondre aux besoins considérables du pays en infrastructures.

Freddy Yodi Shembo face au défi des résultats

Pour Me Freddy Yodi Shembo, Mtoa porte donc une double exigence.

La première consiste à maintenir le suivi du projet jusqu’à l’achèvement des différentes phases annoncées. La seconde sera de faire en sorte que les investissements, les capacités projetées et les perspectives d’emplois se traduisent effectivement dans l’économie réelle.

C’est aussi sur ce terrain que l’APCSC entend désormais installer sa marque : moins de conventions qui restent dans les tiroirs, davantage de projets qui prennent corps sur le terrain.

À Mtoa, plusieurs signaux sont déjà visibles. Le chantier avance. Les infrastructures émergent. Une première cargaison de lithium a emprunté le lac vers la Tanzanie.

La suite sera déterminante : achever le complexe, développer ses connexions, attirer les flux commerciaux et faire du port un véritable moteur économique pour Kalemie et le Tanganyika.

Sur les rives du lac, le pari de Mtoa dépasse donc la construction d’un port.

Il raconte une ambition plus vaste : faire de l’investissement une infrastructure, de l’infrastructure un corridor et du corridor une source d’activité pour les populations.

Pour l’APCSC et son Directeur Général, Me Freddy Yodi Shembo, c’est désormais à cette transformation que le projet devra être mesuré.

Par Glody Mpasa

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APCSC : à Mtoa, le port industriel de 480 millions USD prend corps sur le lac Tanganyika