
Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présidé à Kinshasa la signature d’un mémorandum d’investissement destiné à accompagner le projet d’interconnexion électrique entre Kolwezi, en République Démocratique du Congo, et Kalumbila, en Zambie. Portée dans le cadre des activités du Fonds d’Investissement Stratégique de la RDC (FIS-RDC), cette initiative vise à mobiliser des capitaux privés pour développer une infrastructure énergétique de 330 kV, appelée à renforcer les échanges d’électricité et à soutenir les besoins du bassin industriel et minier du Lualaba.
Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présidé, le mardi 6 octobre à Kinshasa, la cérémonie de signature d’un mémorandum d’investissement (MOI) associant les partenaires du projet, notamment le consortium Trafigura et Gridworks, ainsi qu’EnPower. L’événement s’est déroulé en présence de membres du Gouvernement, de représentants des institutions publiques, du corps diplomatique et des responsables du FIS-RDC.
Au-delà de l’engagement des différentes parties, cette signature illustre l’orientation que le Ministère des Finances entend donner au financement des grandes infrastructures : mieux préparer les projets, établir leur viabilité économique et créer les conditions nécessaires à la mobilisation des investisseurs privés.
Pour le Ministre, l’enjeu ne consiste plus uniquement à identifier les besoins du pays, mais à disposer de projets suffisamment structurés pour attirer les financements nécessaires à leur réalisation.
« Une centrale électrique peut être nécessaire sans que son modèle économique soit suffisamment établi », a rappelé Doudou Fwamba, insistant sur la nécessité de transformer les priorités nationales en investissements crédibles et financièrement viables.
Le FIS-RDC, un nouvel instrument pour mobiliser les capitaux
La signature de ce mémorandum met en lumière le rôle que le Fonds d’Investissement Stratégique de la RDC est appelé à jouer dans le financement du développement national.
Conçu pour accompagner la préparation et la structuration des opérations d’investissement, le FIS-RDC doit faciliter les échanges entre l’État, les investisseurs privés, les banques et les institutions financières de développement.
Cette approche répond à une difficulté majeure : plusieurs projets d’infrastructures présentent un intérêt économique évident, mais leur concrétisation exige des études approfondies, une répartition claire des risques et des mécanismes de financement adaptés.
Sous l’impulsion du Ministre des Finances, l’objectif est donc de rapprocher les ambitions publiques des exigences du marché financier, sans faire reposer exclusivement le développement des infrastructures sur les ressources budgétaires de l’État.
Cette orientation rejoint la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place l’énergie, les infrastructures et la transformation locale des ressources au cœur des priorités de développement de la République Démocratique du Congo.
Kolwezi-Kalumbila : une ligne de 330 kV au service de l’intégration énergétique
Le projet concerné prévoit la réalisation d’une interconnexion électrique à haute tension de 330 kV entre Kolwezi, dans la province du Lualaba, et Kalumbila, située dans la province du Nord-Ouest de la Zambie.
Cette infrastructure doit contribuer au renforcement des échanges énergétiques entre les deux pays, tout en répondant à la demande croissante d’électricité dans la région de Kolwezi, qui abrite une importante concentration d’activités industrielles et minières.
Pour cette partie du territoire congolais, la disponibilité d’une énergie fiable représente un facteur déterminant de compétitivité.
Elle conditionne notamment le fonctionnement des installations industrielles, les perspectives de transformation locale des minerais et la capacité des entreprises à développer leurs activités.
L’interconnexion envisagée pourrait ainsi améliorer les possibilités d’approvisionnement électrique, tout en favorisant une coopération énergétique plus étroite entre la République Démocratique du Congo et la Zambie.
Au-delà des besoins industriels, le développement des infrastructures énergétiques constitue également un enjeu pour la création d’emplois, la diversification économique et l’amélioration des services essentiels.

Après la signature, le défi de la concrétisation
Si le mémorandum traduit l’intérêt des partenaires pour le projet, sa signature ne constitue pas encore le lancement des travaux.
Les prochaines étapes devront permettre d’approfondir les études techniques, d’évaluer les risques et de préciser les conditions financières nécessaires à la réalisation de l’interconnexion.
Cette phase sera déterminante pour apprécier la faisabilité de l’investissement, définir les responsabilités des parties prenantes et établir les modalités de sa mise en œuvre.
Pour Doudou Fwamba, la réussite de cette démarche reposera notamment sur la capacité du FIS-RDC à faire émerger des projets répondant simultanément aux priorités nationales et aux exigences des investisseurs.
L’ambition dépasse donc la seule mobilisation des capitaux. Il s’agit de faire en sorte que les financements obtenus puissent se traduire en infrastructures productives, en emplois et en valeur ajoutée pour l’économie congolaise.

Avec le projet Kolwezi-Kalumbila, le Ministère des Finances entend ainsi démontrer qu’une meilleure structuration financière peut ouvrir de nouvelles perspectives pour les infrastructures nationales.
Reste désormais à transformer ce mémorandum en un projet techniquement viable, financièrement soutenable et capable d’apporter des réponses concrètes aux besoins énergétiques du pays.
Par Glody Mpasa













